La formation continue représente un levier stratégique pour les entreprises et leurs dirigeants, mais son financement pose souvent question. Le crédit d’impôt formation dédié aux dirigeants offre un coup de pouce fiscal, à condition de suivre des étapes précises. Voici un guide pour clarifier les conditions d’éligibilité, le calcul des plafonds et les démarches à accomplir, afin d’optimiser votre déclaration en toute sécurité pour l’année 2024.
Sommaire
Publics éligibles au crédit d’impôt formation des dirigeants

Ce crédit d’impôt cible exclusivement les chefs d’entreprises, peu importe leur secteur d’activité. Il est accessible uniquement si vous exercez des fonctions de direction et que votre entreprise relève d’un régime réel d’imposition (BIC, BNC ou IS). Ce point écarte les micro-entrepreneurs (micro-BIC/BNC) qui ne peuvent pas en bénéficier. Les gérants majoritaires de SARL, les dirigeants d’EURL, les professions libérales ou associés actifs de sociétés de personnes y ont donc accès, sous réserve d’être fiscalement éligibles.
Dans les sociétés de personnes (SCI, SNC), le montant perçu dépend de la quote-part des droits détenus dans la société, à condition de participer réellement à la gestion. Les investisseurs passifs, eux, sont exclus du dispositif.
La nature de l’activité (artisanat, industrie, conseil) n’entre pas en ligne de compte : seule importe l’inscription au bon régime fiscal et la preuve d’une implication active dans l’entreprise. Le rattachement au régime réel constitue la condition centrale.
L’administration fiscale conditionne l’octroi du crédit à la présentation de justificatifs : contrats, extraits K-bis, statuts, documents attestant vos fonctions de direction et leur lien avec l’activité. Une vérification administrative peut intervenir à tout moment.
Formations éligibles : thématiques, encadrement, organismes
Sont validées les formations en lien direct avec l’activité et le développement des compétences du dirigeant dans son rôle auprès de la société. Parmi les formats acceptés :
- Formations professionnalisantes utiles à la gestion, à l’adaptation ou à la transition numérique de la société,
- Bilan de compétences,
- Validation des acquis de l’expérience (VAE),
- Actions d’apprentissage orientées entreprise.
La formation doit toujours être couverte par une convention écrite avec un organisme de formation déclaré auprès de la DREETS. Ne sont prises en compte que les heures en lien avec l’intérêt direct de la société, justifiées par des programmes, calendriers et factures précises. Toute initiative à titre strictement personnel, ou non formalisée, sera écartée.
Montant et plafond : comment calculer son crédit d’impôt formation

Le crédit s’obtient en multipliant le nombre d’heures de formation réalisées par le dirigeant par le SMIC horaire brut applicable au 31 décembre de l’année concernée. Le plafond annuel est fixé à 40 heures (soit 474 € en 2024, sur la base d’un SMIC horaire brut de 11,85 €). Pour les TPE (moins de 10 salariés, 2 millions d’euros de chiffres d’affaires ou de bilan), le plafond s’élève à 80 heures, soit jusqu’à 948 €.
Quelques exemples concrets :
| Statut de l’entreprise | Heures de formation | Crédit d’impôt potentiel |
|---|---|---|
| Entreprise classique | 40 heures | 474 € |
| TPE | 80 heures | 948 € |
| Entreprise dépassant le plafond | 50 heures | 474 € (seuil atteint) |
Montants estimatifs pour 2024, à ajuster avec le taux réel du SMIC au 31 décembre.
Pensez à vérifier l’intégralité des heures déclarées pour éviter tout dépassement : l’administration fiscale retient rigoureusement les plafonds légaux.
Déclaration et justificatifs : éviter les erreurs
La demande du crédit se formalise via le formulaire 2069-RCI-SD, à joindre à la déclaration de résultats de l’entreprise (liasse fiscale ou liasse spécifique pour les sociétés non IS). Le crédit se déduit de l’impôt dû, et tout excédent peut donner lieu à remboursement.
Rassemblez systématiquement les documents suivants :
- Convention signée avec l’organisme de formation,
- Factures acquittées,
- Attestations de présence ou de réalisation des heures effectives,
- Justificatifs du lien entre la formation, vos fonctions et l’activité de l’entreprise.
Centralisez ces pièces dans un dossier dédié (numérique ou papier) pour faciliter un éventuel contrôle.
Points de vigilance et conseils pratiques
- Respect du plafond horaire : seuls 40 ou 80 heures annuelles sont acceptées, selon la taille de l’entreprise ; tout surplus est écarté.
- Eligibilité des formations : la formation doit avoir un objectif professionnel direct, et être contractualisée par convention.
- Distinction usage professionnel/personnel : seules les compétences utiles à l’entreprise sont éligibles.
- Archivage rigoureux : factures, conventions, attestations doivent être conservées plusieurs années.
L’anticipation reste la meilleure défense contre des litiges administratifs.
Date limite et avenir du dispositif en 2024
Ce crédit d’impôt est disponible jusqu’au 31 décembre 2024. Les formations engagées avant cette date seulemement seront valorisables, sans possibilité de report sur l’année suivante. Prévoyez vos démarches suffisamment tôt pour sécuriser votre demande et éviter de vous retrouver sans créneau auprès des organismes de formation.
Pour mieux comprendre les modalités du crédit d’impôt formation professionnelle : conditions, calcul et étapes pratiques, il est essentiel d’analyser les critères d’éligibilité et les plafonds applicables en 2024.
Tout comme le crédit d’impôt formation continue, le crédit d’impôt activités culturelles et créatives : conditions, démarches et plafonds en 2024 permet de bénéficier d’un avantage fiscal sous certaines conditions précises.
Pour les entreprises situées en ZRR, le crédit d’impôt entreprises en zone de revitalisation rurale peut compléter avantageusement les dispositifs de formation continue.
Optimiser son crédit d’impôt : stratégies à privilégier
Un programme cohérent planifié en amont (plutôt que des sessions groupées en fin d’année) maximise l’utilisation du plafond. Il peut être opportun de sélectionner les formations en fonction des défis sectoriels à venir (numérique, réglementaire, management…). Certaines entreprises croisent aussi ce crédit avec d’autres dispositifs (CPF, plan de développement des compétences).
Miser sur l’organisation documentaire et la pertinence des thématiques suivies permet ainsi de garantir à la fois l’efficacité de la dépense de formation et la fiabilité de votre déclaration.
À retenir : précisez vos besoins, choisissez le bon cadre, contrôlez le suivi administratif et assurez une veille jusqu’au terme du dispositif.
Quels sujets vous freinent encore dans vos projets de formation ? Votre expérience avec le crédit d’impôt pour la formation des dirigeants vous a-t-elle réservé des surprises ou des conseils à partager ? Réagissez en commentaire pour enrichir la discussion et aider d’autres dirigeants à sécuriser leur démarche !
Si ce dossier vous a été utile, diffusez-le autour de vous : sécuriser la déclaration, c’est aussi simplifier la vie de toute la communauté des chefs d’entreprise. Quelles autres mesures d’accompagnement souhaiteriez-vous voir détaillées sur credits-impot.com ?
Pour toute information complémentaire ou cas particuliers, vous pouvez vous référer aux textes officiels (site impots.gouv.fr, service-public.fr) ou aux circulaires récentes des organismes de formation reconnus.
Sophie Martin, rédactrice spécialisée en fiscalité des particuliers et PME.
Mise à jour : juin 2024
Mis à jour le 22 mars 2026